• Art pla' machines

    Comment le processus peut être prioritaire sur la forme?

    Pendant des siècles, l'oeuvre était ni plus ni moins que le résultat du travail, c'est à dire le tableau, la gravure ou la sculpture. Les éventuelles reproductions étaient d'ailleurs faites à la main, souvent par l'artiste lui-même ou un de ses élèves. Mais le XXeme siècle a vu de nombreux bouleversements, que ce soit dans le domaine de la guerre, de la médecine, ou encore de l'art. Ce dernier va d'ailleurs énormément se diversifier par les nombreux courants qui se sont côtoyer ou les méthodes de créations devenant radicalement différentes: certains mettent en évidence leur corps tandis que d'autres décident de mettre en avant la façon de créer. C'est cette catégorie qui nous intéresse. Jean Tinguely est le porte-étendard de cette idée de processus qui peut être un art.Pour cet artiste suisse, la limite était l'immobilité, tout devait être en mouvement, comme par exemple ses célèbres Méta-matics, des sculptures animées créés entre 1954 et 1959. Ces sculptures créaient d'ailleurs elles-même des dessins qui n'avaient aux yeux de Tinguely aucune valeur, ce dernier déclarant que le principal sujet était les sculptures. D'un autre côté et à la même époque se trouve Vera Molnar, une artiste travaillant principalement avec les ordinateurs avec parmi ces oeuvres Horizontales de 1970. Cette fascination pour l'algorithmie l'a d'ailleurs suivi durant une grande partie de sa carrière, et la suit encore aujourd'hui, créant des oeuvres abstraites, uniquement basées sur des calculs, même si on peut citer Lettres de ma mère qui est juste un hommage à celle qui donne le nom à l'oeuvre, cette dernière étant immédiatement inspiré sur la correspondance qu'elle recevait de sa mère. Mais comme Tinguely, elle met en avant le processus de création, et non le résultat.

     

    Quels rapport entretiennent Art et Machine au XXeme siècle?

    Il est bon de noter que seul Tinguely a mit la machine en avant dans toutes ses oeuvres, si bien que la machine est l'oeuvre. Mais il est bon de noter que certains se sont permit de l'imiter le temps d'une oeuvre comme Wim Delvoye et son oeuvre Cloaca qui reprend l'idée que le dessin donné par une machine est finalement dérisoire par rapport à la machine elle-même. Cette idée met donc en jeu le hasard, car la machine crée d'elle-même, sans modèle, sans idée préconçue, sans savoir ce qu'il s'est fait avant et ce qu'il se fera après. Des artistes comme Sol LeWitt ou Vera Molnar parlent bien d'utiliser une machine, mais ils utilisent la machine comme De Vinci utilisait un pinceau, c'est ni plus ni moins qu'un outil et pas forcément une finalité. Néanmoins, on retrouve chez tout ces artistes le besoin d'exploiter les technologies qui s'offrent à eux, comme cela a toujours été le cas dans l'histoire de l'art. Ici, les évolutions technologiques ont permit de créer des mécanismes et des lignes de code. C'est à l'artiste de savoir ce qu'il souhaite en faire.