• Wall Drawing

    Wall Drawing #1131 est un mur dont le motif a été créé Sol LeWitt en 2004. L'artiste a bien entendu travailler avec d'autres personnes pour le dessiner. Le mur a été fait au Wadsworth Atheneum Museum of Art par plusieurs collaborateurs de l'artiste.

    Le motif pourrait s'apparenté à une mosaïque avec ses nombreuses couleurs et son harmonie avec l'espace, quelque chose de primordial pour l'artiste tout en se basant sur les formules que LeWitt a aussi créé. A s'y méprendre, les photographies qu'il nous reste de ce mur pourraient effacer les angles.

    Les formes sont extrêmement arrondies, l'oeuvre étant uniquement faite de courbes. Elle est d'ailleurs sous-titrée "whirls and twirls", ce qui pourrait se traduire par "tourbillons". L'absence d'angle dans la forme initiale rapproche justement le rapprocher d'un tourbillon ou d'une spirale, même si ils ne sont pas clairement présent si on en croit la composition de la couleur.

    Les couleurs sont relativement saturées, elle créent un rythme, tel un sens de lecture de l'oeuvre. C'est d'ailleurs elle qui crée les tourbillons, même si parfois, elle crée aussi des noeuds. Par ailleurs, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel sont présentes sur cette oeuvre, nous rapprochant encore de l'idée de rondeur déjà données par la forme générale de l'oeuvre.

    La luminosité est donnée par le mur blanc qui sert de support, mais aussi par la luminosité ambiante de la salle. En comparaison au support, la saturation des couleurs donnent un côté un peu terne qui disparaît quand le spectateur fait abstraction du blanc qui entoure cette mosaïque de couleurs.

    Le spectateur se perd dans cette oeuvre qu'il ne peut qu'en parti approcher, cette dernière commençant en haut des escaliers en restant parallèle à l'étage inférieur, dont nous voyons une fenêtre. Mais à la bonne distance, l'oeil humain cherche à démêler ce noeud, a comprendre l'oeuvre. Tel des arabesques dans les mosquées, ces oeuvres n'ont ni début ni fin, c'est au spectateur de créer ce qui sera son point de départ et son point d'arriver. Pour d'avantage le désorienter, un oeil mal averti pourrait avoir du mal à voir les angles de la pièce à l'intérieur de la fresque, cette dernière y faisant abstraction quand elle passe au dessus, le raccord d'un mur à l'autre étant parfait.

    L'espace est directement lié au spectateur: il faut être assez loin pour l'admirer, la saturation des couleurs le rendant omniprésent dans la pièce, cassant avec le style plus ancien du bâtiment et profitant pleinement de la lumière pour se montrer sous son plus beau jour. On ne peut par ailleurs que l'apprécier de loin, soulignant l'importance de ne pas tenter de se coller au mur pour essayer de la comprendre.

    Pour conclure, cette oeuvre de Sol LeWitt est une parfaite représentation de son travail, malgré que la couleur n'y soit pas systématiquement. Il reprend son plan de construction mathématique mais laisse ses assistants créer le reste, sans avoir de véritable idée du rendu final. La recherche du sens doit être faite par le spectateur pour le fasciner, qu'il puisse y voir son histoire. Ce travail d'abstraction doit aussi être fait par les personnes qui travaillent dessus, car eux aussi peuvent raconter une histoire derrière le Wall Drawing.